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Attitudes possibles

QUE FAIRE AVEC LA SOUFFRANCE?

 

 

Attitudes possibles

 

La souffrance est partie intégrante de la nature humaine.

Face à elle nous nous sentons impuissants car elle survient souvent sans crier gare.  Les questions se bousculent dans la tête, les émotions traversent l'être avec quelquefois beaucoup de force, et le corps en pâtit.

Bref, ce n'est pas évident d'avoir une emprise sur cet état.

 

Voici quelques réflexions personnelles à ce propos.

J'imagine différentes réactions possibles:

 

  1. On peut réagir en mettant la cause sur le monde extérieur (on souffre à cause de nos parents, de notre patron, de la personne qui nous a déçue, de la guerre, de notre santé, du système, des évènements de la vie, de l'injustice, …)
  2. On peut réagir en mettant la cause sur les croyances que nous avons à notre égard (parce qu'on se trouve « nul », incapable, pas beau, pas digne d'être aimé, pas utile, …). Ces causes peuvent être liées à une colère contre soi ou les autres, et peuvent s'exprimer par de la tristesse, de la dépression, de la rébellion, …
  3. Enfin il existe ce que j'appellerais les tourments de l'âme, s'exprimant par ces questions existentielles qui nous animent : "qui suis-je ?", "quel sens donner à ma vie ?", "pourquoi je me sens si limité ?", …

 

Quels effets peuvent entraîner ces trois positions ? De façon succincte, car le développement de ces différents points pourraient être d'un grand intérêt et donner un éclairage neuf, et nous entraîner bien loin, mais ce n'est pas mon objectif ici.

En considérant les points soulevés ci-dessus:

 

  1. Un effet de déresponsabilisation, de justification (inconsciente) à ne pas bouger. Il n'y a pas à bouger puisque la cause est à l'extérieur. On aurait plutôt tendance à attendre que le monde extérieur bouge et se mette à notre service. N'est-ce pas le propre de la paresse?                                                                                        Nous avons tous une part ainsi en nous, comme le nourrisson lorsqu'il a faim, crie, et attend que la nourriture l'apaise.                                                            Peuvent naître des idées noires, vengeance, obsession, rumination, 
  1. Dans ce cas, une autre forme de paresse peut apparaître. Pourquoi bouger si je suis nul ? Je préfère ne pas remettre en question ces formes pensées à mon propos, car j'y trouve un certain confort…                                                        Nous avons également tous une part ainsi en nous. Cela peut venir de la petite enfance (trahison affective, non reconnaissance …)
  1. Ici, la réponse ne peut se trouver dans le monde extérieur. Alors, soit on s'enfonce dans le matérialisme pour étouffer ces questions gênantes, en remplissant son temps par toutes sortes d'activités et en se sur adaptant au monde extérieur, soit on compense ce malaise en développant un monde de « rêve », nostalgique, ou une mélancolie qui nous permet de chercher refuge et de créer des dépendances dans tout ce qui peut fournir une échappatoire à une confrontation à ces questions.                                                                               
  2. Une troisième ? (autre ) solution serait de conscientiser ces questions et de se mettre en chemin, en acceptant la souffrance qu'elles procurent.


Posté le 28/02/2007 | 142 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

La souffrance selon un regard historique du développement humain

La souffrance selon un regard historique du développement humain

 

Il n’est pas facile à notre époque, alors que la pensée intellectuelle a une telle emprise sur l’être, de connaître l’origine et le sens d'une souffrance et de la transcender.

Cela paraît paradoxal …  si la pensée est développée, on aurait la possibilité de pouvoir répondre à toutes les questions.

Alors de quel type de pensée s’agit-il, qu’elle ne puisse répondre aux questions du sens de la souffrance ?

Cette pensée est intellectuelle et rationnelle, c’est la pensée qui se développe par l'intermédiaire des sens, de la mémoire et des souvenirs (ceux-ci sont les informations sensorielles conservées, même si elles ont des répercutions sur le psychisme). Cette pensée-là se fonde sur les perceptions des organes des sens, ne se base que sur des observations physiques, tangibles. C’est la pensée scientifique d’aujourd’hui.

 

Actuellement, on a tendance à interpréter la souffrance avec une pensée fondée sur des raisons extérieures à nous-mêmes : circonstances familiales (orphelin, …), sociales (racisme, …), physiques ("votre mal de dos vient d’un tassement de vertèbres", …)

 

L’humanité n’a pas toujours été dotée d’une telle pensée. Il suffit de lire les écrits d’avant le moyen âge pour s’en persuader. La pensée était imagée ; les écrits ainsi que l'art étaient fréquemment anonymes. Plus anciennement encore, nous trouvons les contes, les légendes recelant de profondes sagesses.

La pensée était imagée et vivante.

A cette époque, l’homme vivait dans une nature vivante au sein de laquelle chaque élément avait un visage : dieu du tonnerre, esprit du vent, mère terre, père soleil, petits esprits de la nature, … La nature n’était pas pour lui cet ensemble de forces physico-chimiques aveugles vouées à mourir. La nature n’était pas cette étrangère incompréhensible et hostile. Elle n’était pas un réservoir d’exploitation et de convoitise. L’homme baignait dans une grande matrice qui le portait. Il observait le travail des gnomes dans le minéral, la vie des ondines dans les ruisseaux, la danse des sylphes dans le vent, et l’apparition des salamandres dans la chaleur de l’été ou les flammes d‘un feu. Les dieux et les humains vivaient ensemble. L’homme avait une vision globale, holistique de sa place dans l’univers. L’usage exclusif de ses sens physiques pour percevoir cet univers semblait moins poussé qu’aujourd’hui et le monde physique ne lui apparaissait pas aussi précisément que maintenant, mais il voyait la vie subtile, il rencontrait une réalité vivante derrière les formes figées. Les outils de guérison fondés sur ces connaissances cherchaient à atteindre l’harmonie de l’homme avec l'univers.

Une foule de ces connaissances pratiques réapparaissent aujourd’hui pour fonder le domaine de la santé alternative (bien qu’elles n'aient  jamais cessé d'exister au sein des peuples aborigènes, et des milieux paysans).

 

Au travers de ce qui précède, nous retrouvons le monde de la petite enfance. L’adulte, coupé de ce monde, affirme que l’enfant vit dans l’imaginaire. Mais l’enfant qui n’est pas encore individualisé se sent appartenir à un monde plus vaste que lui et il ressent plus ce monde que lui-même. De la même manière, l’homme du moyen âge ne signait pas ses œuvres artistiques. Il exprimait la vie qui l’entourait, les visions qu'il en avait.

 

Par la suite, la connaissance instinctive de cette sagesse primordiale devint Foi, puis croyances, pour finir par s’estomper petit à petit.

En contrepartie, l’homme regarde avec des yeux nouveaux le monde qui l’entoure. Devenant conscient de lui-même, comme le jeune adulte de nos jours, il perd la conscience intuitive d'un monde, et se retrouve face aux lois physico-chimiques rationnelles régissant la nature.

 

À partir de la renaissance, cette qualité s’est donc atténuée au profit d’un développement de conscience de soi et d’une pensée rationnelle. L’art est signé. Le développement de l’usage des sens a permis de percevoir et d’investiguer le monde de la matière.

Le fait de penser par soi-même, en se fondant sur ce que l’on voit et sur ses propres hypothèses, a permis de faire naître la pensée scientifique. Le monde peut être compris à travers des concepts mathématiques.

L’âme n’est plus ce lien vivant, entre le monde spirituel et le corps, il devient un concept abstrait, une idée, tant investiguée par les philosophes. Ainsi l’homme a creusé un abîme entre le sujet et l’objet.

 

Cette cassure a ouvert le chemin vers une autonomie, grâce à une pensée individualisée. L'individu était capable de se reconnaître à travers ses actes et ses pensées, ce qui l'amena à se construire une identité.

Pour être conscient de sa propre pensée et percevoir le monde de manière objective (en dehors de soi), il est nécessaire de se couper des autres et du monde extérieur.

Un processus d’individualisation mené trop loin peut déboucher sur l’égocentrisme et développer des comportements antisociaux, antifraternels, ou produire une science sans conscience des autres et de la vie.

 

Cette "coupure" peut créer un sentiment très particulier de solitude. Le fait de ne plus percevoir ce lien, ni dans le monde, ni en soi-même, peut nous plonger dans la nuit, et nous rendre orphelin.

C'est à mon avis une des causes d'une souffrance intérieure très profonde, présente chez l'homme moderne. Elle peut s'exprimer comme la nostalgie diffuse d'une relation intime ou d'un amour perdu.

On entend régulièrement ce style de réflexion dans la bouche des enfants: "Vous n'êtes pas mes vrais parents!" ou "Je suis différent des autres, du monde qui m'entoure", car ce qu'ils portent au fond d'eux n'est pas en résonance avec ce qu'ils voient.

 

L'homme recherche son âme sœur, ses ancêtres, ses racines culturelles, sa famille, sa patrie, … pour combler ce manque qui l'habite, pour répondre à cette question existentielle à propos de la vie. Malheureusement, il s'essouffle à chercher à l'extérieur alors que la source vient d'une expérience tout intérieure, dormant au fond de lui, dans une atmosphère originelle.

 

Je pense que fondamentalement, la souffrance humaine vient de là, et les situations douloureuses de notre histoire ne font que réveiller cette blessure primitive.

 

La souffrance permet de nous sensibiliser et nous invite à nous ressaisir. Nous pouvons réagir courageusement en développant l'autonomie et la responsabilité de soi, en devenant créateur, ou bien nous pouvons réagir par la révolte, en nourrissant la colère, l'état de victime, la prise en charge, le reniement de soi, …

 


Posté le 28/02/2007 | 111 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Positions anthropologiques

Position anthropologique de l'âme humaine

Le regard diffère selon l'anthropologie sur laquelle il s'appuie. En voici quelques exemples:

Anthropologie  scientifique : il s'agit d'une pensée bien actuelle qui se base sur l'hypothèse qu'à l’origine il y eut le Big Bang, précédé par rien selon certains et par quelque chose d’ordre métaphysique selon d’autres, et qu'à partir du Big Bang, la matière s’est de plus en plus complexifiée, pour donner le minéral,  le végétal, l’animal et enfin l’humain…

L’intelligence vient du développement du cerveau. Les sentiments, les pensées, sont des fruits des synapses du cerveau.

Au départ, la matière et l’homme sont des agrégats d’atomes. Il n’y a que le corps, l’âme n’existe pas. La mort est la fin, une décomposition de ce qui a été. C’est pour cela que l’on fait tout pour prolonger la vie, l’immortalité (= le clonage), dons d’organes, …

Soigner un être, c’est soigner son corps mortel. La chirurgie a une place prédominante. 

L'individu est livré au déterminisme de la nature, la dimension de la conscience ne peut pas agir, ni modifier le cours de la nature.

 

 Anthropologie platonicienne.

Pour Platon, l’homme est composé d’un corps et d'une âme.

Quelque chose précède la réalité humaine et vient s’incarner. Le corps est le tombeau de l’âme.

L’âme anime le corps, lui insuffle la vie, le dynamise. Il s'agit donc de dégager l’âme du corps, pour la libérer. Il y a donc une dualité

CORPS ET AME

SOMA ET PSYCHISME

MORTEL ET IMMORTEL

Il y a les éléments nobles de l’âme (nous) et les éléments grossiers du corps

On retrouve cette idée dans les techniques de « sortie du corps » ou « sortie astrale », pour aller dans la lumière, ou expérience de NDE. Le corps peut être inerte et l’on peut voir son corps de l’extérieur. Certaines personnes peuvent sortir spontanément du corps et trouver un remède à l'enténèbrement du corps qu’ils peuvent ressentir.

L’âme est capable de prendre conscience d’elle-même (esprit). Nous sommes capables de prendre conscience que nous prenons conscience. C’est la fine pointe de l’âme.

Il y a une confusion entre : la capacité de conscience d’elle-même avec la chose elle-même, l’aptitude à la transcendance, avec la transcendance.

Ainsi pour l’âme, l’âme c’est Dieu ; si on peut penser Dieu, on est Dieu.

Comme l’être humain a une part en lui qui aspire à l’absolu, cette part est l'absolu…

Il faut quelque chose d’éternel pour penser l’éternité. La matière ne peut pas penser l’éternité !

Si l’univers était uniquement matérialiste, il ne pourrait jamais penser à l’immortalité.

La pensée chrétienne fut fortement influencée par Platon (Thomas D’Aquin, …) et Aristote. Cela a entraîné un dualisme : l’âme est bonne et le corps est mauvais. La mortification, et l’ascétisme ne sont pas foncièrement chrétien, mais viennent d’une pensée platonicienne. St Paul reprend les éléments platoniciens pour les évangéliser.            

 

Anthropologie des sciences humaines  : Freud & Jung.

Pour Freud, l’homme est un composé psychosomatique qui doit se départir de son inconscient. Le corps et l’âme, l’un agit sur l’autre, et réciproquement. Il y a des mémoires, des refoulés et aussi ce qui n’est pas encore advenu à la conscience.

L’homme est pétri d’inconscient, il doit faire advenir le Moi. "Là où le Ca régnait, qu’advienne le Moi".

Le Surmoi est élaboré par un ensemble de conditionnements.

L’homme vit dans un contexte et sa vocation est de devenir un être conscient.

Freud voit l’homme comme un être social.

 

Jung reprend Freud et ouvre l’aspect du Soi, monde des archétypes, L'homme a une capacité transcendante. Le Soi exprime le spirituel, l’image de Dieu.

Jung voit l’homme comme un être social, mais qui peut devenir « génie », qui peut accomplir un processus d’individualisation.

 

Anthropologie Sémites :

Pour les Sémites, l’homme est un composé de chair et de souffle. La chair est pénétrée de souffle, il n’y a pas de corps. Un être humain n’est pas un corps, il est une matière pénétrée de souffle, une matière qui respire. Lorsqu’il n’y a plus de souffle, il y a un cadavre.

C’est une dimension dynamique, il y a un mouvement de vie qui pénètre dans les cellules. C’est un Tout.

Le corps est le temple du St Esprit.

Dans l’ancien testament, on parle de l’Esprit de Dieu.

Dieu souffle dans les narines de l’homme.

Le Christ souffle et dit : « Recevez le St Esprit ».

La vie n’est pas d’échapper au corps, car celui-ci est un lieu d’incarnation de l'Esprit. La finalité humaine est la transfiguration. Le corps pneumatisé, c'est-à-dire, transformé par le souffle de l’esprit.

 

La psychologie contemporaine

La psychologie contemporaine a développé une vision matérialiste de l'homme.

Freud est un rationaliste qui nie les élans les plus élevés de l'homme, il applique le rationalisme à l'âme et la rend mécanique, les phénomènes spirituels sont issus des impulsions sexuelles. Les systèmes psychologiques utilisent la terminologie des sciences matérielles de la physique et de la mécanique. Ils reflètent l'esprit des sciences naturelles.

Jung s'est rendu compte des limitations de Freud qui ne voyait pas ce qui existait de plus élevé en l'homme. Il pensait que la souffrance venait d'une incapacité à se relier à ce qu'il y a de plus haut.

 

La psychologie trans-personnelle

Depuis les années 70 apparaît le mouvement de la psychologie transpersonnelle, terme défini par Abraham Maslow. Celui-ci classa hiérarchiquement les différentes motivations ou besoins chez l'homme pour aboutir à la réalisation de soi et au dépassement de soi vers la transcendance, celle-ci éveille l'être à se mettre au service des autres. Cet aboutissement pousse l'être à rechercher la Vérité, la Beauté, l'Amour du prochain, et autres valeurs. Le transpersonnel est à la fois un terme récent et une réalité ancienne, car il s'ancre dans toute l'ancienne spiritualité. Il existait depuis des siècles dans le travail des mystiques d'Orient et d'Occident. C'est une approche qui ne passe pas forcément par l'adhésion à une religion. Il dépasse la notion de personne.

La psychologie qui en découle n'a donc pas l'objectif de renforcer le moi, mais d'actualiser des valeurs, qui dépassent le Moi égocentrique.

Dans ce sens, ce mouvement apporte un changement radical aux psychothérapies courantes, celle du comportement, de la psychanalyse, de la psychologie humaniste (développement personnel), car elle est centrée sur l'étude et l'intérêt du cosmos et l'observation des lois de la vie, elle resitue l'homme au sein d'un univers où tout est relié et qui le situe au-delà de ses intérêts personnels.

Ces psychothérapies accèdent à une dimension intérieure qui est de l'ordre du sacré.

Elles retrouvent les médecines du sacré des peuples primitifs et certaines techniques corporelles utilisées pour atteindre à l'expérience mystique. Tout est  centré sur le voyage intérieur vers le fond de soi-même, et la méditation.

L'homme n'est plus considéré comme un être perdu, seul, dans un monde matériel, froid, et absurde, un être aliéné par une séparation entre le corps, l'âme, et l'esprit.

 

La réconciliation avec le meilleur de soi-même et son processus de croissance intérieure, peut se faire lors d'une expérience du Sacré (ou Numen) : "Le fait est que l'approche du numineux s'avère être la thérapie essentielle ; dès que l'on parvient à l'expérience numineuse, on se trouve libéré du joug de la maladie". Le fondement des psychothérapies transpersonnelles se trouve dans cette découverte.

(http://www.europsy.org/aft)

 

 

Cette psychothérapie se fonde sur la métanoïa**, les lois sur la métamorphose**,…, qui était pratiquée dans de nombreuses voies traditionnelles.


Posté le 28/02/2007 | 116 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Mais où se trouve le pays de l'âme?

Mais où se trouve le pays de l'âme?

Comment se fait-il que l'impression que donne la psychologie sur la description de la nature humaine révèle un tableau sans couleur, sans beauté, ni dignité, alors qu'elle semble contenir tant de choses?

Comme si l'humain était dépouillé de ce qui le rend merveilleux, beau, digne, dépouillé de son âme. Paradoxe et contradiction lorsque l'on se tourne vers sa racine étymologique (psychologie -> =étude de la "psyche", en grec vient de "psuchein" qui signifie souffler et qui est traduit par âme).

La nature humaine est disséquée comme on dissèque les cadavres, on lui retire la vie.

 

Quelle est cette âme, cette vie qui manque? C'est en tournant le regard vers le monde de l'enfance que nous aurons une piste. L'âme sert de base au développement de la conscience, au développement de la pensée, au cours de l'enfance. Mais en même temps que se développe la raison, la vie de l'enfance se retire dans le monde de l'inconscience, dans la nuit de l'âme. Mais on ne peut pénétrer le royaume de l'enfance avec la lumière froide de la raison. Pour atteindre l'inconscient il faut autre chose.

Car la raison et l'inconscient s'opposent comme le jour et la nuit. Soit nous fonctionnons inconsciemment, soit c'est la raison qui domine. La connaissance de soi demande de redécouvrir le monde étoilé de l'âme.

La qualité la plus élevée de la raison est la dignité. La dignité couronne la conscience de soi, capable de maîtriser ses instincts, de desceller les motivations de ses actes, de faire des choix.

D'autre part ce qui vit dans l'inconscience culmine dans la grâce. La grâce est altruiste, joyeuse, légère, et est comme soumise à des lois qui la dépassent. Elle ne révèle pas sa loi propre mais une loi qui lui est supérieure.

La raison et l'enfance font partie de l'âme humaine et l'imprègnent de qualité: de sérénité, de joie et légèreté par la grâce et de gravité et de sérieux par la raison

 

Dans sa pratique habituelle, la psychothérapie commune se trouve dans les mains de praticiens et de chercheurs qui ont généralement une vision matérialiste de l'être humain, qui sont identifiés à la séparation.  Ils exercent dans le concept d'un mental "mort" (car la vie d'une pensée n'habite pas le mental), fondé sur l'analyse du comportement humain conditionné par l'extérieur (attitude des parents, racines familiales, évènements biographiques, …)

Les thérapies courantes ne guérissent pas vraiment parce qu'elles abordent surtout les problèmes émotionnels et en restent là. Il y a certes un soulagement, une compréhension, mais l'homme reste prisonnier de sa souffrance. Il y a même une forme de justification de la souffrance qui conforte la personnalité (égo), mais il n'y a pas de réelle responsabilisation, ni de conscience du sens et de l'origine de la souffrance.

Même si la thérapie peut aider et soulager ce qui encombre la personne, en parvenant par exemple à la détacher d'un passé, à reprendre confiance en elle, à dépasser des mécanismes négatifs, … ce que l'on appelle "le développement personnel", il s'agit souvent, à mon sens, d'un nouveau conditionnement de la personnalité  dont  le but est une réharmonisation afin que l'égo ne souffre plus, car la souffrance de la personnalité est un égo non satisfait.

Ce qui me paraît alarmant, c'est qu'en fin de thérapie, l'être souffrant moins, la chance qu'il avait que sa souffrance le pousse à rejoindre l'essentiel et le sortir de l'ignorance diminue, alors que se renforce plus encore l'illusion que tout va mieux, car la blessure est anesthésiée.

 

Je pense que le new age, avec l'apparition d'une panoplie de méthodes thérapeutiques pseudo spirituels, a également contribué à ce problème. Car généralement l'objectif premier n'est pas de conduire l'individu à la création et au renforcement d'un centre en lui-même, afin qu'il puisse se libérer de sa souffrance par ses propres forces, mais au contraire, de l'entraîner dans une dépendance à des supports, enseignements, interprétations, extérieurs à lui-même, qui le sécurise et l'oriente généralement vers une recherche de bien-être égotique.

 


Posté le 28/02/2007 | 130 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

L'homme...un être en relation

L'homme…un être en relation

Mon but n'est pas de détailler (et j'en suis bien incapable) une liste des différentes anthropologies de l'histoire humaine, ni de développer l'histoire de la psychologie, mais d'exprimer ma conviction que l'homme est fondamentalement un être en relation.

L’homme est relationnel. En dehors de la relation, il n'est rien.

Le processus de vie est un processus de relation. Toute la création nous le démontre.

Être vivant, c'est être en relation. La mort est une coupure de la relation.

La perfection n'existe pas, tout est perpétuellement en mouvement, en devenir. L'homme est comme un enfant qui cherche à s'accomplir.

Chez lui la dynamique de croissance est une dynamique de conscience.

Il y a une orientation, et le désir en est le moteur.

La dépression est une maladie du désir, le mal de l’absence du désir.

Il s'agit de reconquérir l'unité intérieure, car le malade est un être dissocié

 

Dans certains cas, ce désir est paralysé par un "Je ne veux pas", qui peut très subtilement habiter l'être. Il y a des "obstacles au désir et au fait de le reconnaître, il existe des mécanismes qui le dévient de sa trajectoire initiale.

Car le fond d'où émane le désir est un lieu d'innocence, de paix, de joie, d'amour et de santé.

 

La maladie s'amorce par le refus de vivre le désir, par le "je ne veux pas " ou par la fuite face à la peur du désir, par le doute. En fait, par tout ce qui peut provenir d'une blessure relationnelle …

 

La perte de "santé" est une rupture avec le fond de l’être, c'est la perte de l’innocence, qui trouble la relation spontanée à la vie.

Mais lorsque la santé s'affaiblit, on se retrouve face à soi-même, face à sa responsabilité, face à sa liberté, face à sa conscience.

 

C'est pourquoi il est bon de desceller dans notre parcours tous les jaillissements de vie qui nous ont pénétrés, parfois fugacement, mais toujours intensément. Ces instants n'ont généralement pas un lien rationnel avec le contexte où nous nous trouvions, mais nous nous sommes sentis nourris de bien-être, de lumière, de joie, d'émerveillement, de certitude …, Certains le nomment: "la grâce". C'est un ressenti profond de la vie, une joie et une paix profondes, sans raison. Ce sont des moments fondateurs. Ils font naître l'espérance. Et c’est parce que ces moments sont là que l’on peut traverser l’existence.

La foi en la vie peut se fortifier dans la mémoire de ces instants.

 

Il est intéressant à constater que les "anciens" avaient l'habitude de "rendre grâce", car la reconnaissance de la vie les faisait participer à la vie.

Quand on est en exil de soi-même, on est à la merci de l'extérieur, livré à l'influence implacable du monde.

Comment passer d’une existence subie, à une existence choisie ?

Si on veut assumer notre obscurité, il faut avoir vécu une expérience de lumière, ou il faut se "retourner". C'est ici qu'intervient la "métanoïa".

 

Métanoïa vient du terme hébreu -> "echoua"= faire demi-tour

                                        Grec -> " meta " qui signifie changement

                                             et    noïa " qui signifie  état d’esprit

Il est question d'un retournement, d'un changement de mentalité, de rapport au monde, de regard.

 

Il s’agit de remplacer une pensée prisonnière des sens par une pensée vivante, qui ne le devient que lorsqu'elle s'intériorise, se détache des sens physiques. Cette pensée perçoit l'essence du sujet de réflexion, elle est plus contemplative et agit par saisissement. C'est une pensée que l'on ressent comme emplie de sagesse ou de bon sens.

Ce retournement  responsabilise et centre l'être, conscientise la position du choix. 


Posté le 28/02/2007 | 121 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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